
Comment faire lorsqu’on est une entreprise française pour partager ses compétences et échanger des technologies (brevets, outils industriels, etc.) avec des sociétés étrangères ? La réponse est à portée de clic, grâce à la « communauté AFII » présente sur le service OSEO capital PME (www.capitalpme.oseo.fr).
Créé en avril 2010 par l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII) en partenariat avec OSEO, ce site internet communautaire permet de regrouper les entreprises françaises désirant nouer une collaboration technologique avec une société étrangère.

Crédit photo: john_a_ward on Flickr
La donne change rapidement sur le marché international des services informatiques. Alors que les SSII indiennes (1) étaient traditionnellement implantées sur les marchés anglo-saxons, la tendance semble s’inverser en faveur de la France. Le cabinet Pierre Audoin Consultants annonce une progression du secteur de 2,2 % en France en 2010 contre 1,6 % en Allemagne et 1,4 % au Royaume-Uni.
Depuis la crise financière américaine, les indiens tentent en effet de rééquilibrer leurs activités en investissant de nouveaux marchés. Cinquième marché mondial des technologies de l’information, la France s’est alors vite imposée comme un territoire privilégié. « Toutes proportions gardées, la France n’a pas été trop affectée par la crise économique, comparée au Royaume-Uni, par exemple. En ces périodes de turbulences, les entreprises cherchent à acquérir un avantage comparatif ou à le consolider » reconnaît Narayana Murthy, président d’Infosys. Au-delà des banques, le dynamisme des grands groupes énergétiques et l’importance du secteur public font de la France un marché naturellement attractif.

Tableau de bord de l'attractivité de la France - 2010
Pourquoi un Tableau de bord de l’attractivité ?
Qu’ils traitent de la compétitivité des économies, de la fiscalité, de l’enseignement supérieur ou de l’environnement des affaires, les nombreux « benchmarks » internationaux existants fournissent, chacun dans son domaine, des éléments d’information utiles. Mais ils connaissent, pour beaucoup, des limites méthodologiques, et proposent de ce fait, sur tel ou tel point, des classements parfois très différents.
Par ailleurs, l’attractivité est, somme toute, relative : la France se mesure quotidiennement, dans le regard et l’analyse des investisseurs étrangers, à ses voisins et concurrents.
Le paysage de l’attractivité française change. Désormais, tous les territoires et toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, sont couverts par des réseaux de coopération économique, scientifique et technologique. Ces dispositifs ne sont pas réservés aux sociétés françaises : les investisseurs étrangers y sont les bienvenus pour, eux aussi, bénéficier d’un environnement propice à l’innovation…
Le salon aéronautique de Berlin a fêté cette année son centenaire dans une ambiance optimiste. A sa clôture le 13 juin dernier, Airbus repartait avec 15 milliards de dollars de commandes en poche, soit près de six mois d’activité pour l’avionneur. Son Chief Operating Officer, John Leahy, y voit « des signes clairs de reprise de l’industrie. » Une reprise confirmée lors de l’édition 2010 du salon de Farnborough où on a dénombré près de 400 intentions d’achats rien que pour Airbus et Boeing.
Tenons-nous le pour dit : après les inquiétudes de 2009, la filière aéronautique française redécolle. Mais faut-il encore parler d’une filière française ? Airbus, comme chacun sait, est une joint venture anglo-franco-germano-espagnole. Et hormis les fleurons nationaux bien connus que sont Dassault, Safran, Eurocopter, Arianespace et Thales, la France accueille de nombreux acteurs internationaux du secteur…
C’est donc approuvé, signé, ratifié : la Ville Lumière deviendra bien l’Agglo Lumière. Le 27 mai dernier, le Sénat adoptait le projet de loi du Grand Paris. But du jeu ? Créer la ville la plus attractive du monde pour les entreprises. Comment ? D’abord, en faisant valoir ses atouts existants. Il s’agit après tout de la 1ère région économique d’Europe par son PIB. Elle accueille – selon le Fortune Global 500 de 2009 – le plus de quartiers généraux des 500 plus grandes entreprises mondiales, après Tokyo…
Février 2009 : Pedro Arcuri pose ses valises à Montpellier. Alors tout juste nommé responsable du laboratoire extérieur (LabEx) de l’Embrapa, l’équivalent de l’INRA au Brésil, M. Arcuri reconnait que « venir en France a été un choix important. Ce n’était pas une évidence non plus. La France est un pays particulièrement attractif pour les scientifiques brésiliens. Pour être nommé j’ai du répondre à un appel d’offre au sein de l’Embrapa et j’ai eu la chance d’être choisi parmi trois candidats. »…
On connaissait l’attrait des Français pour la consommation « verte ». Mais on sait moins qu’ils sont également friands de nouvelles technologies. Un marché qui a déjà atteint une certaine maturité et qui ouvre de nombreuses perspectives aux entreprises. Le secteur des TIC a en effet généré un chiffre d’affaires de 110,6 milliards d’euros en 2009, soit 15,5 % de l’ensemble du marché européen ; la France étant le 3ème marché, devant l’Italie et l’Espagne. L’EITO[1] estime d’ailleurs que l’évolution du marché des télécommunications en France est nettement meilleure que la moyenne européenne, notamment grâce au boom des services de données mobiles, en hausse de 20 % en 2009…
Imaginez un jeu avec autant de scénarios et de fins qu’il y a de joueurs. Heavy Rain, signé par le créateur français David Cage et son studio Quantic Dream, implanté à Paris, est la géniale averse qui fera du joueur le héros du jeu. L’épilogue est, en effet, déterminé par les choix des joueurs, dans une atmosphère digne des plus grands films. Une mini-révolution pour cette jeune industrie qui confirme la capacité créative des développeurs français.
Dans un secteur en permanente mutation, avec la 3D, le jeu en temps réel, une expérience vidéo-ludique (ou « gameplay ») de plus en plus immersive, il est indispensable de posséder une longueur d’avance et de s’adapter aux évolutions du marché, dévoilées en grande pompe lors de l’édition 2010 de l’E3, le plus grand salon mondial du jeu vidéo. Si la France est riche de titres qui ont fait sa réputation, comme Flashback, Alone in the Dark, LBA, ou encore Trackmania, elle n’en est pas moins compétitive au regard des innovations actuelles. La déclinaison vidéo-ludique du succès planétaire « Avatar » n’a pas été développée par Ubisoft par hasard..
La 8ème conférence internationale de la Baule sur l’investissement a été l’occasion, pour Ernst & Young, de présenter son rapport annuel sur l’attractivité de l’Europe.
La place qu’y occupe la France retient l’attention à trois titres :
- seconde derrière le Royaume-Uni par le nombre de projets créateurs d’emplois, la France l’est également pour l’emploi lié à ces investissements étrangers ;
- notre pays occupe la première place européenne dans trois domaines clefs pour la compétitivité et la croissance de demain: les projets industriels, ceux du secteur de la R&D et les éco-technologies ;
- en revanche, le Baromètre Ernst & Young 2010 pointe une performance française en retrait par rapport à l’Allemagne et au Royaume-Uni quant à l’accueil des investisseurs chinois et indiens.
La stratégie déployée depuis 2009 par l’AFII en direction des BRIC vise à corriger dans ces pays, par des actions de communication ciblée, méconnaissance et préjugés, tout en renforçant les équipes de l’Agence chargées de la prospection de nouveaux investisseurs.
L’ouverture du Bureau de l’AFII en Turquie et la participation au Forum économique de Saint Petersburg, la semaine prochaine, s’inscrivent dans cette dynamique.
David Appia,
Président de l’AFII